Aujourd'hui je vous offre une surprise: à déguster sans modération!
Six heures du matin. Mon réveil sonne, ma femme se lève avant moi, comme toujours. Elle va prendre une douche, moi je reste encore un peu au lit. Ca a sa justesse et sa logique. Mon rituel matinal consiste à prendre une douche, m’habiller et à quitter la maison. Pour ma femme, c’est un peut plus complexe, raison pour laquelle elle a besoin d’un peu plus de temps. Comme dit: c’est logique.
Je me lève. Il est 6h30. Je passe entre le lit et le miroir. Je m’arrête un moment et retourne devant le miroir. Je me regarde. Me regarde dans les yeux. J’essaie d'y trouver quelque chose. Mais je n’ai aucune idée quoi. Je continue à me regarder dans le miroir. Le miroir me regarde également. A la radio, il y a „Heaven Help“ de Lenny Kravitz. Je commence à devenir pensif. Tout parait s’arrêter pendant une éternité. Je devrais me raser aujourd’hui. Ma femme me l'a déjà demandé il y a deux jours. Je n’ai encore aucune envie.
Je me hais. Je m‘adore.
Des fois, je me sens comme une personnalité complexe. Comme un être complexe. La complexité personnifiée. Un psychiatre parlerait certainement de schizophrénie.
Des fois, je me sens comme une putaine de Rock-Star. Majestueux et indestructible. Mais en même temps comme Sinead O’Connor : fort et vulnérable en un. Content et quand même désespéré à fond. Privilégié de la vie qui m'a été offerte et quand même affligé.
Enrobé d’un vide pré-dépressif.
Vu d’un côté objectif complétement incompréhensible, complètement absurde. Et quand même : je suis comme ça! Je m’étire à l’abime le plus profond de mon âme, ne vois que douleur et souffrance. Ne vois que maladie, mort et perte. Une obscurité infinie m’entoure. Je ne peux pas me tenir ou m’orienter, je ne sais pas que faire ou que penser. Je suis perdu quelque part dans nulle part. Je prends le flingue, hésite un moment. Je pointe ma tête. Et douille. Je sors un couteau de ma poche et le tiens sur mes artères. Il faut couper de façon longitudinale, c’est du moins ce que j’ai lu. Ca va plus vite comme ça. Soudain, je tiens une boîte pleine de pilules dans mes mains. Je les avale d’une fois. Je m’enfonce mon stylo dans le cœur et me vide de mon sang.
Je meurs un million de mortes.
Soudain, à l’horizon de mon âme, je vois une petite lumière blanche. Elle grandi doucement, bouge vers moi. Elle devient de plus en plus grande, jusqu’à ce qu’elle m’assiège entièrement et le miroir me libère de nouveau.
Le miroir me regarde encore dans les yeux et mes yeux cherchent encore désespérement quelque chose dans le miroir.
Je force mon regard loin du miroir et tourne ma tête vers la fenêtre. Il pleut dehors. A la radio, il y a maintenant „I’m leaving on a jet plane“ de John Denver. Il chante qu’il va prendre l’avion et qu’il ne sait pas quand il reviendra. Plus tard, il mourra vraiment dans une catastrophe aérienne.
Le destin. Quelle ironie de merde!
De nouveau, je vise le miroir et je me dis : „Je ne suis pas fou. Je suis tout à fait normal. Normal dans un monde où la folie constitue la norme.“
Je prends une douche, m’habille et quitte la maison. Sans me raser.
Je m’adore! Je me haie!
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Je trouve ce texte vraiment bien, j'aime les histoires qui se déroulent en quelques minutes... parfois en quelques minutes, justement, il se passe tellement de choses dans nos têtes, une situation qui devient clair et qui change la journée.
J'aime bien aussi la description de l'endroit on imagine directement le personnage devant son miroir et l'ambiance décrite grâce aux noms des musiques que le personnage écoute et enfin les liens tissés entre le début et la fin du texte :-)
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